Elles le cherchaient !!!
Encore une fois, les médias ont révélé une nouvelle affaire de viol collectif, à Fontenay sous Bois. Le récit de la jeune fille aux policiers est édifiant. Le droit de savoir, d'enquêter et de rendre justice s'impose.
Les faits remontent 7 ans en arrière : une fillette d'à peine 13 ans est enlevée dans un parc, un soir alors qu'elle rentrait chez elle, pour être violée par plusieurs garçons à peine plus âgés qu'elle. A partir de ce soir-là, le calvaire commence. Pendant 6 mois l'adolescente est violée à plusieurs reprises dans divers lieux. Effrayée, honteuse, la fillette ne dira rien à personne. Et ce supplice aurait pu durer encore longtemps, si un soir un « grand » n'était pas intervenu pour mettre un terme à ces viols collectifs à répétition.
Pourtant, en octobre dernier, la jeune fille est de nouveau tabassée par un de ces agresseurs. C'est le coup de trop et prenant son courage à deux mains elle décide de porter plainte. Alors qu'on pourrait croire qu'enfin la jeune fille va être écoutée, soutenue et aidée, elle est accusée par le quartier, insultée et même physiquement en danger !!!
Le tribunal social a jugé avant que le véritable tribunal n'ai eu le temps de délibérer : la victime n'est pas cette fillette que des garçons ont violé en réunion à plusieurs reprises, non, ce sont ces pauvres garçons mis en garde à vue alors qu'ils sont soit disant innocents. Et les rumeurs vont vites, les médias participants à cette confusion. La jeune fille est traitée de menteuse, alors qu'une seconde victime se fait connaître des services de police, confirmant l'histoire de la première.
Mais pour les gens, les honnêtes citoyens, ces filles ne sont que des « salopes », des filles qui « kiffent », on les connaît celles qui tournent dans les caves.
Comment notre société en est-elle arrivée là ? Pourquoi en ce début de 21 ème siècle on ne reconnait toujours pas le statut de victimes aux femmes qui franchissent douloureusement le pas des commissariats pour dénoncer les violences sexuelles qu'elles ont subies ?
On nous explique toujours et encore que son comportement, sa tenue vestimentaire, son passif sont autant d'éléments qui participent à attirer les garçons et que donc il ne faut pas se plaindre. Ces propos sont courants, que ce soit dans le bouche des filles comme des garçons et quel que soit le milieu social. On va même jusqu'à nous expliquer que ces filles « aiment ça ». Pire encore, les garçons seraient les véritables victimes de ces filles « faciles » qui prétendent ne pas être consentantes au moment des faits. Même les médias se mettent à nous parler de partouzes ! Comment peut-on imaginer qu'une fillette de 12 ans puisse apprécier et prendre du plaisir lors d'un rapport sexuel violent avec une dizaine d'inconnus !
La société est en perte de repères et comme d'habitude les filles en sont les premières victimes. Dans le cas de ces viols collectifs, non seulement elles sont victimes physiquement, d'agressions sexuelles, mais en plus elles doivent faire face au jugement de la société qui les condamne, les considérant comme des « putes » qui le cherchaient bien.
D'où l'appel « Ni Putes Ni Soumises », lancé comme un cri du c½ur à la société en 2002. Désormais les filles savent que ce n'est pas normal d'être traitée de la sorte et qu'elles ont le droit de refuser. L'opinion publique a également été interpellée et dorénavant on ne peut plus dire qu'on ne savait pas. Mais malgré ce travail, les femmes continuent d'être suspectes. Comment faire évoluer les mentalités ? Alors que l'évidence est niée, que les victimes sont traînées dans la boue, que toutes celles et ceux qui les soutiennent sont également en danger, où est passée notre capacité d'indignation, de révolte ?
Combien de temps devons nous attendre avant que les hommes, mais aussi les femmes reconnaissent qu'une femme, quelle que soit sa tenue vestimentaire, quel que soit son comportement ou sa sexualité a le droit de refuser un acte sexuel. Que chaque femme a le droit de choisir son partenaire et qu'il n'y a qu'elle qui puisse décider quand et avec qui elle veut faire l'amour. Et personne, ni on père, ni son frère, ni ses copines n'ont à porter un jugement sur ce choix, qui n'appartient qu'à elle et à elle seule. Ce fameux droit à disposer de son corps, si durement revendiqué par les féministes dans les années 70 ne constitue toujours pas un droit réel pour les femmes, ni en France ni ailleurs. Alors qu'au Etats-Unis ont remet en question le droit à l'avortement, qu'en Iran les femmes qui ont été violées sont passibles de peine de mort pour infidélité, que dans d'autre pays elles sont lapidées...
L'égalité entre les hommes et les femmes, bien qu'étant un principe constitutionnel en France, n'est encore qu'une utopie mais une utopie concrète...